jeudi 3 mai 2012

La pêche au leurre a le vent en poupe

interview complet de Johan MIROUX !
La pêche au leurre a la vent en poupe !
Rencontre avec un compétiteur aguerri.
Dans le cadre des animations de la Journée Nationale de la Pêche, Christophe GUIDEZ, Président de l’AAPPMA « La Carpe Courcelloise, nous a proposé une animation leurre portée par un compétiteur aguerri. C’est ainsi que nous avons fait la connaissance de Johan MIROUX, compétiteur et testeur pour Pezon&Michel, mais surtout pêcheur moderne, accessible, investi dans le milieu associatif et bien décidé à faire entrer la pêche des carnassiers dans la modernité.

FDAAPPMA62 : Comment as-tu débuté à la pêche ?
JM : J’ai pêché mes premières truites avec mon père à l’âge de 4 ans, et la sensation du poisson qui tirait sur la ligne m’a irréversiblement transmis le virus de la pêche. Jusqu’à l’âge de 18 ans, je me suis consacré à la pêche au coup et à l’anglaise mais la préparation du matériel et de l’amorce était devenu fastidieuse.
La rencontre avec Pascal HOINE, excellent pêcheur de brochets, a changé ma vie de pêcheur. Il m’a permis de faire mes premières armes en tant que pêcheur de carnassiers. Je me suis perfectionné
et j’ai diversifié mes techniques de pêches : traque du brochet aux gros leurres, sandre en verticale et linéaire aux leurres souples et enfin toutes les techniques finess de la perche.
En 2008, je me suis lancé dans le circuit de compétition « street fishing » (pêche à pied en milieu urbain) de l’AFCPL (voir encadré) afin de rencontrer d’autres pêcheurs et d’apprendre à leur contact. En 2009, j’ai intégré la team Pezon&Michel en tant que testeur et j’en suis très fier.

Tu pratiques donc la pêche de compétition dans toute la France mais tu t’entraînes beaucoup dans le Pas de Calais ?
JM : Je pêche souvent dans le Pas-de-Calais, on y trouve une multitude de biotopes différents qui ont chacun leurs particularités. Les petits canaux peu profonds comme la Scarpe sont envahis d’herbiers la majorité de la saison, ce qui rend la pêche difficile, mais c’est un formidable habitat pour les carnassiers et toute la faune aquatique. Je la pêche beaucoup d’Arras jusque Mortagne du nord. Nous avons également des canaux à grand gabarit comme la Deûle. Ces canaux présentent une bonne population de percidés mais sont très difficiles à pêcher. Le profil uniforme de ces canaux rend la localisation des poissons très compliquée. De plus, les « hot spot » sont occupés par les pêcheurs 7j/7, et de saison en saison, ces postes se vident de leur poisson car la pression de pêche et le prélèvement abusif font de ces paradis à carnassiers de vrais déserts.

Quelle technique conseillerais tu à un pêcheur qui débute dans la pêche des carnassiers ?
JM : Je lui conseillerais de commencer par apprendre à pêcher les perches avec des techniques dites « finess ». La perche est le carnassier le mieux représenté dans nos eaux. Contrairement à la pêche du brochet ou du sandre, il n’est pas rare de faire une vingtaine de poissons dans la journée. C’est une pêche très amusante qui permet d’apprendre les bases et d’avoir confiance en sa technique.

Peux-tu nous expliquer ce qu’est la pêche « finess » de la perche ?
JM : Les techniques « finess » sont des techniques de pêches où le matériel et les montages utilisés sont affinés et allégés à l’extrême. La canne doit être légère et surtout très tactile pour ressentir la moindre « grattouille » de perche. Le moulinet doit être léger et équilibrer parfaitement la canne. C’est très important pour animer avec précision des petits leurres. Pour le fil, j’utilise des tresses très fines (6 à 8/100), de section parfaitement ronde, ce qui va me permettre d’optimiser les distances de lancers. Pour un maximum de discrétion, je rajoute un bas de ligne en fluorocarbone de 16 à 20/100 selon l’encombrement des postes.
Les poissons nageurs permettent de parcourir beaucoup de terrain et de rechercher les perches en chasse. C’est une pêche très amusante. Quand les perches ne chassent pas, il faut aller les chercher sur le fond. Dans ce cas, j’emploie des petits leurres souples de 5 à 7 cm sur des têtes plombées de 1 à 3.5g dans la plupart des cas. Ce sont des têtes très légères et pour garder le contact avec le fond, il faut ralentir l’animation et ne pas hésiter à faire des pauses sur le fond et faire trembler le leurre sur place. C’est un secret de compétiteur pour prendre des poissons inactifs !
Tu remets tes poissons à l’eau ?
Je pratique la pêche des carnassiers en « No-kill », c’est à dire, que je remets tous mes poissons à l’eau dans les meilleurs conditions possibles.
Le pêcheur de carnassiers qui pratique le no-kill rencontre beaucoup de difficulté à pratiquer sa pêche car la population de carnassiers dans le domaine publique est de plus en plus faible cela est certainement dû à la mauvaise qualité d’eau, mais aussi au prélèvement abusif. De plus il n’y a pas de plan d’eau spécifique dans le Pas de Calais où nous pouvons pratiquer exclusivement la pêche aux leurres en no-kill. Mais je sais qu’il y a une prise de conscience de la part des fédérations, et notamment celle du Pas de Calais ; j’ai bon espoir qu’un tel plan d’eau, où la barque et le float tube seraient autorisés, ouvre un jour dans le Pas-de-Calais !
Retrouvez la suite de cet interview, et beaucoup d’autres trucs et astuces sur notre site internet : 
Quel matériel utilises-tu ?
J’utilise des cannes à lancer classiques dites spinning, de longueur entre 190 cm et 210 cm, de puissance « L » (light) ou « ML » (Medium Light). La canne doit être légère et surtout très tactile pour ressentir la moindre « grattouille » de perche. J’utilise des cannes Pezon&Michel de la gamme « GUNKI » et « ProSeries ».

Peux tu nous donner quelques modèles que tu utilises et tes couleurs préférées ?
JM : Pour la pêche, j’utilise tous les petits poissons nageurs de la gamme « Illex » avec une mention particulière au « Dchubby » qui est un aimant à perche. Ensuite pour les autres carnassiers, j’utilise principalement 2 types de leurre. Des leurres avec un pédoncule vibratoire et ceux sans pédoncule vibratoire. Les premiers vont être surtout utilisés sur des têtes plombées comme le « roller gun » et le « speed gun » de la gamme GUNKI de chez Pezon&Michel ou « l’amonite shad » de chez Illex. Les « swim Impact » de KEITECH ou les « rockvib » de chez « Reins » sont également très éfficaces. Les autres vont être utilisés sur un montage « drop shot » comme le « still gun » de chez « Pezon&Michel » ou encore le I-shad et le « super-J-Reaper » de chez « Illex ».
Pour les coloris, tout ce qui imite la robe d’un alevin est bon ou des couleurs foncés comme le « green pumkin » (marron clair) ou le watermelon (vert).

Quel est pour toi un bon poste à perche ?

JM : cela dépend de l’époque. En début de saison, la perche a fini de frayer. Elle reste à proximité des bordures dans les bois morts, le long des palplanches ou tout obstacle proche de la berge. Il m’arrive fréquemment de pêcher les caddies ou les barrières de sécurité que le gens ont jetés dans le canal en centre ville. C’est honteux et je condamne ce genre d’acte mais une fois dans l’eau depuis quelques temps, ces « détritus » constituent des « HLM » pour les perche. En été, je recherche mes poissons en bordure d’herbiers ou même au cœur de l’herbier avec des montages spécifiques. L’automne, c’est l’époque des grands rassemblements de perches avant quelles ne regagnent les profondeurs pour passer l’hiver. A cette époque, je prospecte énormément pour trouver les bancs de poissons. Une fois trouvé, il n’est pas rare de faire plus de 100 poissons en 3 heures de pêche. Malheureusement, certains « pêcheurs » peu scrupuleux font de véritables massacre sur ces bancs en tout impunité car il n’y a pas de quota de prélèvement et encore moins de maille pour la perche. C’est un véritable problème, la législation sur la pêche en France ne protège absolument pas ce magnifique carnassier.

Que faudrait-il modifier pour satisfaire les pêcheurs sportifs de carnassiers ?
JM : Les populations de carnassiers diminuent de plus en plus et il serait nécessaire d’instaurer le non prélèvement de certaines espèces comme le brochet afin de reconstituer les cheptels. Cela amènerait plus de pêcheurs au bord de l’eau. Les techniques modernes de la pêche de la carpe et des carnassiers rencontrent de plus en plus d’adeptes. Les AAPPMA et les fédérations ont compris le besoin des carpistes. Au fil des années, nous avons vu apparaître des carpodrômes et des plans d’eau dédiés à la pêche de la carpe avec une réglementation spécifique pour protéger les poissons (tapis de réception obligatoire, pas de sac de conservation,..). Les fédérations ont mis à disposition des parcours de nuit pour les carpistes et la pêche de la carpe est praticable toute l’année. J’espère qu’il y aura la même prise de conscience pour la pêche sportive des carnassiers !


Source : F.D.A.A.P.P.M.A.62